Dix repères pour prier (suite et fin)

prière

La prière est un chemin vers Dieu, parfois semé d'embûches, elle est pourtant la respiration de l’âme.

6 - Existe-t-il des méthodes pour guider la prière ?

 Apprendre à prier, c'est apprendre à exprimer son désir de Dieu en présence de Dieu. C’est vivre une vraie relation avec Lui.

Un conseil. C'est à chacun de trouver sa voie, celle qui lui convient. Commencer par regarder ce qui est proposé près de chez soi, écouter les conseils de ceux qui vivent cette relation, aller voir, expérimenter.

 7 - Réciter une prière, est-ce prier ?

Jésus a condamné le rabâchage, mais il a aussi donné en exemple la veuve qui ne craint pas de venir importuner le juge avec la même demande (Lc 18,1-8). La tradition chrétienne offre de nombreuses prières. Le Notre Père, enseigné par Jésus à ses disciples, tient une place privilégiée. D'autres possèdent une référence évangélique, comme le Je vous salue Marie ou le Magnificat, ou tiennent une place importante dans la tradition de l'Église comme le Symbole des apôtres ou le Gloire à Dieu. On peut aussi méditer les mystères du rosaire, ou reprendre la Prière du cœur « Seigneur Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur ».

Un conseil. Pratiquer l'une ou l'autre de ces prières avec un groupe de priants évite une récitation mécanique. La prière en groupe est un soutien et une expérience de communion.

 8 - Qui prier : le Père, le Fils, l'Esprit Saint ?

 « La prière chrétienne s'adresse au Père, par le Fils, dans l'Esprit. »

Notre prière en partant du Fils, de la méditation de ses paroles, de la contemplation de ses gestes, nous conduit au Père. De même, nous ne pouvons prier le Père sans revêtir les sentiments de Jésus et vivre de son Esprit. La prière nous introduit dans le mouvement qui lie le Père, le fils et l'Esprit, dans leur communion. Nous ne prions pas Marie ou les saints comme nous prions le Père. Nous leur demandons : Priez pour nous, et non pas : Exauce-nous. »

Un conseil. Dans la communion des saints, nous rejoignons la prière de Marie pour les hommes dont elle est devenue mère au pied de la croix. Nous lui faisons confiance car elle est dans notre humanité celle qui est associée d'une manière unique à l'œuvre de la Trinité. Et nous associons les saints à notre prière parce que nous croyons qu'ils participent avec nous aux soucis du Royaume.

À lire. Petit Guide de la prière, de Michel Rondet (DDB).

9 - Faut-il être accompagné spirituellement ?

 L'accompagnement spirituel est important pour vérifier que nous ne faisons pas fausse route, pour déjouer les pièges de l'illusion et de la toute-puissance.

Un conseil. L'accompagnement n'est pas le seul moyen d'être aidé à cheminer dans la prière. Le plus important est de ne pas rester seul. Il peut suffire de rejoindre un groupe pour se nourrir de la Parole de Dieu, en acceptant d'être interrogé par cette Parole.

10 - Que faire lorsque disparaît le goût de la prière ?

 De nos jours, l'ennui, le dégoût viennent souvent du côté réglementaire et obligatoire de la prière, d'un sentimentalisme ambigu, d'un dogmatisme devenu stérilisant. Certains continuent coûte que coûte. C'est peut-être la prière la plus pure, car c'est l'acceptation que la relation soit nue, sans rien qui nous gratifie.

Mais ce « vouloir croire » ne doit pas devenir une obstination vide de sens. Prier, c'est être avec Quelqu’un, dans une relation vivante où Dieu est Dieu. Où Dieu est Don et aime vraiment l'homme.

Un conseil. Quand vous ne savez plus prier, faites ce qui vous convient sans juger le chemin choisi par d'autres. En n'oubliant pas quelque chose de très concret, ce qu'annonce Jean en sa première lettre (4-12). Dieu est cet Inconnu, par-dessus le gouffre de l'absence, qui s'éveille en nos cœurs et nos mains lorsque nous nous faisons proches du prochain.

D’après l’article de Martine de SAUTO paru dans la Croix, résumé par Élisabeth Repérant