A la découverte de quelques personnalités rostrenoises

Olivier Perrin (1761 – 1832)

Ce peintre a donné son nom à l’une des principales rues de la ville.

Il est né à Rostrenen en 1761, son  père Joseph était notaire et procureur fiscal de la baronnie. Doué pour le dessin, ses parents l’envoyèrent à Rennes à l’Académie. Mais la mort prématurée de son père le priva de ressources. Il revint à Rostrenen et trouva une protectrice, la duchesse d’Elbeuf, baronne de Rostrenen.

Il devient alors l’élève du peintre Doyen mais la Révolution éclate et Perrin se retrouve dans la pauvreté. Il obtient ensuite une place de dessinateur aux Ponts et Chaussées.

Mais il ne néglige pas la peinture. Il peint le martyre de Saint Etienne (visible dans l’église Saint Etienne du Mont à Paris). Il épouse la belle-sœur du peintre quimpérois, Valentin, à qui il succèdera d’ailleurs comme professeur de dessin au collège de Quimper.

C’est également dans cet art du dessin qu’il devient célèbre. Il compose « La Galerie bretonne », 120 dessins où prenant le Breton au berceau et le suivant jusqu’à sa mort, il en retrace la vie au début du 18ème siècle, avec ses usages, ses costumes, les étapes de sa vie, sans omettre certaines pratiques superstitieuses.

Olivier Perrin, dans ses peintures comme dans ses gravures, décrit le paysan dans son groupe social, au travail ou dans les festivités. Il fait partie, comme Millet ou Courbet, de ces peintres réalistes qui cherchent la reproduction du milieu social de l’époque où l’on vit.

La mort de sa fille, à l’âge de 16 ans, la veille du 15 août 1816, le marqua profondément. Afin de trouver un dérivatif à sa douleur, il composa, pour la chapelle Ty Mamm Doué à Quimper, une Assomption, ainsi qu’une descente de croix où il peignit sa fille sous la forme d’un ange.

Il est mort à Quimper en 1832 et enterré au cimetière de Kerfeunten où l’on peut voir sa tombe à l’entrée.
Plusieurs de ses œuvres sont visibles dans des collections publiques dont 4 peintures à l’huile au musée d’art et d’histoire de Saint-Brieuc.

L'assomption par Olivier PerrinPour la collégiale de Rostrenen, Olivier Perrin a peint le tableau du retable de la Vierge, intitulé « Assomption ». Celui-ci a été restauré. Nous vous invitons à l’observer.

Le tableau, d’une hauteur de 2,45 m pour une largeur de 1,75 m, concentre au milieu de la toile les trois couleurs primaires. Le bleu et le rouge des vêtements de la Vierge relèvent ici d’un symbolisme religieux classique : le rouge, emblème de l’amour divin, accompagné du bleu désignant la sagesse manifestée par le souffle de Dieu symbolisant le Saint-Esprit.

Le tableau est symétrique et la composition illustre l’idéalisation des figures religieuses.

La pose extatique, les yeux levés au ciel sont des archétypes de l’expression contemplative et mystique. Cependant les visages révèlent l’attachement du peintre à un certain naturalisme : les boucles de la chevelure des anges, les chairs de leurs bras, le dessin du cou, la familiarité des traits de Marie en témoignent.

Des interventions réalisées sur la couche picturale ont aussi permis de redécouvrir, au bas du tableau, la silhouette ténébreuse de Jérusalem. On reconnaît ici la prédilection que Perrin nourrit pour l’histoire antique.

Le chanoine Pasco, curé de 1886 à 1897, considérait que le visage de l’un des anges soutenant le bras droit de la sainte Vierge était, comme à la chapelle de Quimper, celui de l’un des enfants du peintre.

Cette œuvre se réfère à l’attachement sentimental qu’Olivier Perrin a manifesté à l’égard de sa localité d’origine. Il y avait conservé, tout comme avec la paroisse, commanditaire de l’œuvre, de bonnes relations.

Un critique note « Perrin ne peint comme personne, il est lui et n’a jamais imité qui que ce soit ».

Joël Le Biavant

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